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Entretien avec Mme Ghislaine Sathoud écrivaine d´origine congolaise

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Femme guineenne et africaine

Entretien avec Mme Ghislaine Sathoud écrivaine d´origine congolaise

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Bonjour Mme Sathoud. Personnellement,je vous découvre il y a juste quelques années et pourtant votre combat et engagement date de longtemps. Pourquoi les femmes sont-elles mal présentées et presque pas médiatisées comme cela se doit ?

 

Bonjour Nenette Baldé. Je pense qu’il faut aborder le problème d’une manière plus générale. Les femmes, c’est bien connu,  ont été – et sont encore d’une certaine manière - les oubliées de l’Histoire. Cette tendance,  qui révèle l’ampleur des discriminations qu’elles pâtissent, s’est reflétée partout dans le monde. Espérons que la sensibilisation pour aider les citoyens et les décideurs à s’approprier ces enjeux et remédier à ce fléau favorisera  le développement d’une société tolérante, inclusive et ouverte aux différences de sexe.

Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de raison logique qui justifie l’exclusion des femmes de la scène publique. En revanche, l’intégration de la question de l’égalité des sexes est un facteur mis de l’avant par des experts pour réussir l’épanouissement social.

Vos activités de femmes de lettre, féministe reconnue et activiste pour la paix pour ne citer que quelques unes font qu’il est difficile de vous classer sous une chapelle. Comment parvenez-vous à tout faire ? Et que veux dire féminisme pour la femme africaine que vous êtes ?

En fait, l’écriture est une passion qui m’habite depuis mon jeune âge. Mon intérêt pour le théâtre également remonte à une période bien lointaine. J’ai pratiqué l’art théâtral, aussi bien en tant que rédactrice qu’actrice.

Quant à la cause des femmes, dès ma tendre enfance, je voulais savoir pourquoi les garçons bénéficiaient d’une certaine « permissivité » alors que les filles, elles, étaient en quelque sorte brimées. Mon environnement familial était très favorable à l’émergence de cette passion féministe. D’ailleurs, mon père martelait sans cesse un message incitatif : il me disait de ne jamais accepter de subir des discriminations parce que je suis une femme…

Donc, le point de départ de mon cheminement a été un questionnement. Et j’en suis arrivée à la conclusion suivante : certaines coutumes sont discriminatoires envers les femmes. Alors je me posais des questions sur l’attitude qu’il faut adopter pour que mes congénères soient libérées de toutes ces contraintes. Je voulais apporter ma contribution à cette noble cause. Au fil du temps, les réponses sont arrivées progressivement, même si je poursuis toujours ma réflexion…

L’écriture, le militantisme et mes fonctions professionnelles sont des instruments que j’utilise pour revendiquer les droits des femmes.

Nous voulons parler de votre combat pour la femme. Qu’est ce que vous reprochez à l’union africaine. Et quels sont les propositions en quelques lignes que vous faites dans votre ouvrage. « Union africaine : augmenter la visibilité des femmes ou améliorer les rapports de genre ? ».

Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mes travaux. Permettez-moi de rappeler  tout d’abord que le livre collectif auquel vous faites référence s’intitule comme suit:
L’Union africaine freinte-t-elle l’unité des Africains ? Retrouver la confiance entre les dirigeants et le peuple-citoyen, avec une préface d’Aminata Traoré. L’ouvrage a été publié en 2005 sous la direction de Y. E. Amaïzo aux éditions Menaibuc dans la collection "interdépendance africaine". Ce livre collectif n’a rien contre l’Union africaine mais s’efforce d’aider à la recherche de l’unité des Africains, mission première de l'Union africaine. Ceci répond à votre première interrogation. Cette publication a été l’œuvre de onze experts de l’Afrique et tend à montrer la diversité culturelle et des opinions sur le sujet.
Voici le titre de ma contribution dans cet ouvrage : "Union africaine : augmenter la visibilité des femmes ou améliorer les rapports de genre ?".

Je signale en passant que j’ai également publié un roman dans la même collection : " L’amour en migration", collection interdépendance africaine, éditions Menaibuc, Paris, 2007, 178 p.

 

Est-ce que les femmes n’ont pas assez pleuré ? N’est-il pas temps de passer à l’action ?  Une insurrection pacifique où chaque année les femmes africaines, pendant un week-end,  iront dans la rue du monde pour exiger l’égalité de chance et plus de considération ?

À mon avis les femmes sont déjà en action depuis des lustres. C’est parce que de braves héroïnes se sont insurgées contre les discriminations que nous bénéficions de certains acquis. Alors il faut circonscrire les luttes actuelles dans la continuité de celles menées précédemment.

En fait, le problème avec les revendications concernant l’émancipation des femmes se situe au niveau de la fragilité des gains. C’est pourquoi la vigilance est de mise. Dans ce combat la persévérance est un outil essentiel.

Une insurrection pacifique, dites-vous ? Effectivement l’insurrection dont vous parlez pourrait être, entre autres, une piste à envisager pour exiger une meilleure prise en compte des doléances exprimées par les femmes.  Toutes les options envisageables et réalisables en vue de rétablir ou de réduire les inégalités sexistes peuvent faire l’objet d’une expérimentation ...

A votre avis, comment serait l’Afrique si les femmes étaient directement et véritablement intégrées dans la gestion de la cité ?

En fait, l’intégration des femmes dans la gestion de la cité n’est pas une faveur : elles font partie intégrante de la société et dans certains pays la population féminine est même majoritaire. Disons-le clairement : c’est un droit inaliénable et sacré.

Intégrer cette tranche de la population, intégrer les questions de genre favorisant l’égalité entre hommes et femmes c’est agir en tenant compte de toutes les différentes personnes qui composent la société africaine.

Bref, les Africaines et les Africains doivent travailler ensemble pour le développement du continent.

On parle un peu plus ces dernières années de violences faites aux femmes dans les foyers, des jeunes filles mutilées, des viols pendants les conflits armés en Afriques. Pensez-vous que les gouvernements du monde et la société civile africaine et internationale prennent à corps ces fléaux ? Et quelles sont les pistes et vos réflexions pour éradiquer à jamais ces maux ?

Au niveau international, l’Organisation des Nations Unies a voté des résolutions pour assurer la protection des femmes pendant les conflits armés. Ces instruments juridiques recommandent de promouvoir l’intégration des femmes  dans la reconstruction de la paix. Cependant, on constate que les femmes et les filles demeurent les premières victimes des guerres, subissant des violences sexuelles atroces.

Le fait de traduire les responsables des violences sexuelles devant les tribunaux est un moyen de faire prendre conscience de l’ampleur de ce fléau. Et puis les signataires de ces conventions ont le devoir de respecter leurs engagements. Peut-être faudrait-il, en plus de tous les moyens déjà existants, trouver une méthode supplémentaire pour interpeler fréquemment les dirigeants politiques afin de rappeler la nécessité de respecter leurs engagements.

En quoi la littérature et le théâtre  peuvent aider nos sociétés dans sa recherche de la paix et du développement ?

La littérature et le théâtre sont des moyens d’expression qui permettent de transmettre des idées. D’une manière plus générale, l’art est un vecteur de sensibilisation, d’action et de sensibilisation. C’est pourquoi je demeure convaincue que le travail de fond mené par les artistes engagés dans les causes qu’ils défendent n’est pas vain.

Que vous inspire la journée de la femme ?

Tout d’abord, je suis ravie qu’une journée soit réservée dans le calendrier pour permettre au monde entier d’être en communion afin d’aborder la question de la situation de la femme. De vaillantes femmes se sont âprement battues pour obtenir cette « tribune », il faut louer leurs efforts.

Cependant, le combat des femmes est une entreprise qui exige de la persévérance. Par conséquent, une seule journée ne suffit pas pour rétablir la situation inégalitaire des femmes. On ne doit pas attendre la Journée internationale de la femme pour faire des revendications, la lutte doit être quotidienne.

Vos projections par rapport à l’égalité des droits dans 10 ans. Et quelle place pour l’éducation et la formation de la jeunesse féminine ?

J’espère que les femmes continueront d’accumuler des victoires. Vous savez, lorsqu’on examine rétrospectivement l’histoire des femmes un constat se dégage : les gains sont fragiles. Les luttes servent non seulement à réclamer des avancées, mais aussi à persévérer, voire reconquérir des gains perdus. Tout cela pour vous dire qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. L’accès à l’éducation et la formation pour la jeunesse féminine fait partie intégrante des clés qui conduisent les femmes vers une autonomie économique, laquelle brise certaines attitudes réductrices envers les femmes. Maints travaux de recherche mettent en évidence les bienfaits d’une inclusion égalitaire des filles dans le système éducatif. N’oublions pas aussi que ce volet est répertorié dans les Objectifs du Millénaire pour le développement.

L’équipe de nenehawa vous remercie spécialement pour votre simplicité et disponibilité. Du courage.

Je vous remercie, une fois de plus, pour l’intérêt que vous portez à mes activités. J’en profite également pour féliciter le site nenehawa pour sa contribution à la promotion de la femme.

Propos recuillis par Nenette Baldé pour nenehawa.com

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