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Interview:Mme Aline Weber

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Femme guineenne et africaine

Interview:Mme Aline Weber

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Vous êtes certes jeune, mais avez déjà un parcours long et intéressant. Pouvez- vous le présenter vous-même à nos lecteurs ?

Bonjour Nénette !

Je ne me trouve pas aussi jeune que ça ! J’ai 32 ans !

 

 

J'ai suivi des études universitaires en histoire et en ethnologie, puis après la maîtrise d'histoire contemporaine, un troisième cycle de sciences politiques. Après ces quelques années passées à la faculté de Nanterre, et une première expérience à la mairie de Stains en Seine-Saint-Denis où je m'occupais de la coopération décentralisée, je suis entrée comme chargée de communication auprès de Daniel Vaillant, au sein de la mairie du 18e arrondissement de Paris, où je suis restée presque 6 ans.

En 2008, à la suite de la réélection de Daniel Vaillant, j'ai souhaité quitter mon poste pour créer mon agence de communication, une expérience dont j'avais envie depuis longtemps. J'avais 30 ans, sans enfant et plein d'énergie pour me lancer dans cette aventure.

Que fait exactement la chargée de communication d’un  grand responsable politique?

Je m’occupais de communiquer les actualités auprès des habitants, d’informer la presse de telle ou telle réalisation, des événements entre autres tâches.

Cela consiste, plus concrètement, à concevoir des affiches, des plaquettes d’information, suivre leur diffusion sur le territoire, de mettre à jour les medias de la municipalité (site web, journal…), à rédiger et envoyer des communiqués de presse, coordonner l’organisation des événements… Il s’agit de tâches diverses et variées pour lesquelles il faut être polyvalent.

La richesse de mon poste à cette époque venait aussi beaucoup de la personnalité de Daniel Vaillant : A la fois maire mais aussi député et ancien ministre, il est resté un homme humble au service de ses concitoyens, qui fait de la politique pour l'intérêt général et ne déroge pas à ses principes. C'est un atout/engagement précieux.

Pouvez-vous affirmer que les métiers de communication offre plus de facilités aux femmes ? Quelles devraient être les qualités d’un bon communiquant selon vous ?

La polyvalence : c’est l’atout des femmes !!

Le sens des relations humaines aussi… mais de là à dire que les femmes sont meilleures que les hommes, je ne sais pas. Ce qui est sûr c’est que le fait que nos sociétés soient encore construites sur des rapports de domination de l’homme sur la femme nous aide dans ce métier. Et oui, c’est peut-être paradoxal, mais en réalité, le fait que nous soyons femmes nous permet de jouer sur notre charme et ça marche parfois et même souvent pour faire passer des messages…

Nous voulons un peu que vous nous parliez de votre engagement associatif. Déjà pour quelle association militez-vous ? Dans quel domaine ?

J'ai été membre de plusieurs associations dans ma vie et notamment dans mon adolescence avec Amnesty international et le Secours Catholique où je travaillais sur le secteur des prisonniers.

Depuis 2 ans, je milite au sein du parti socialiste. Je m'intéresse particulièrement aux questions d'immigration, de lutte contre les discriminations notamment en participant activement à un groupe de travail Immigration, intégration, discriminations, créé et animé par Majid Bâ. Je m'occupe aussi un peu de la communication de ma section.

Nous avons eu vent de l’aide que vous aviez apporté  à un africain en difficulté… De quoi s’agissait-il exactement ?

J’ai rencontré Majid en 2007. Il n’avait pas de papier. Je l’ai aidé à faire valoir ses droits, l’orienter vers les bonnes personnes et les bonnes structures. Il y a aussi les certificats d’hébergement, l’aide financière quand il le fallait et psychologique très souvent. Majid avait besoin d’un petit coup de main pour se lancer dans l’écriture. Lisez son livre La sardine du Cannibale (éditions Arcane 17) vous comprendrez qu’il est suffisamment courageux et obstiné pour arriver à ses fins !

Quelle peut être la solution selon vous pour « réguler » l’immigration africaine en France. Et pensez vous que l’immigration choisie qui videra  l’Afrique exclusivement de ses cadres est la meilleure solution ? Lorsqu’on suppose que ce sont ces cadres qui auraient pour mission de créer un cadre de vie décent en Afrique.

Non. Ce n’est pas par l’immigration exclusive des cadres qui règlera quoique ce soit. Bien au contraire ces cadres servent de « bouche trous » remplacer par bouclier par exemple aux gouvernements européens et occidentaux pour des raisons de manque de personnel formé dans tel ou tel domaine, et vide l’Afrique de compétences qui manquent parfois cruellement.

Je crois et je milite pour que chaque habitant de la planète puisse aller et venir et travailler où il le souhaite. Certes, il faut réguler l’immigration car certains pays « aspireraient » trop de demandes et de personnes. Mais je pense que si les africains pouvaient venir travailler 1 an, 6 mois ou 5 ans en France, rentrer chez eux, repartir en Allemagne ou je ne sais où sans difficulté, l’Afrique bénéficierait d’un apport économique important, et les pays occidentaux aussi.

Je pense aussi que les lois actuelles en France sont particulièrement hypocrites, que les conditions d’accueil ne sont pas réunies, que l’on fait tout pour humilier et discriminer les arrivants

Étrangers.

La solution passerait probablement par une concertation approfondie entre Etats, par des aides au développement, à l’éducation…et par de vrais démocraties, respectueuses des femmes et des hommes.

Jokko Conseil, votre agence de communication,  se dit « socialement et écologiquement responsable ». Pouvez-vous nous présenter ce qui fait l’originalité de votre concept ?

Lorsque l'idée a mûri de créer ma société, je voulais qu'elle soit différente, engagée un peu à mon image.

Je me suis dis: aujourd’hui on valorise le commerce équitable à travers l'agriculture et les savoir—faire artisanaux. Mais le savoir, la connaissance, elle, on l'achète à prix bas auprès de jeunes vivant dans des pays où existent de réelles difficultés économiques.

Suite à de nombreux échanges, j'ai constaté que par exemple au Sénégal, de nombreux jeunes se forment dans les domaines du multimédias, développent de réels savoir-faire dans le domaine du graphisme et du web mais ne trouvent pas un emploi dans ce secteur ou peu et sont mal payés par des multinationales.

C'est ainsi qu'est venue la 1e idée: déléguer au Sénégal de manière équitable la réalisation de projets pour la France.

Je n'ai pas encore pu venir à bout de cette idée, c'est difficile à mettre en place alors qu'on crée sa structure en France parallèlement.

Alors, nous nous sommes engagés auprès de nos clients à reverser une partie de nos bénéfices à des projets de co-développement. Le système: 3% de taxe en supplément des prestations que nous facturons complétés par 3% pris sur le bénéfice, prestation par prestation.

Nous avons ainsi pu financer quelques projets associatifs en Afrique (au Burkina-Faso et au Mali) notamment via des microstructures qui nous permettaient d'avoir un suivi des projets au plus près.

Peut-on être socialement responsable et joindre les 2 bouts (financièrement parlant) ?

Oui, cela est possible. Mais en période de crise économique comme nous le vivons depuis presque 3 ans, la question devrait être : peut-on être rentable financièrement quand la structure est jeune?

Pour y répondre, je dirais que la société connaît pour le moment des difficultés financières, mais le système que nous avons mis en place est tout à fait/reste compatible avec une activité rentable.

Un mot pour le combat des femmes pour l’égalité des chances en Afrique.

Je ne sais pas quoi dire... qui suis-je pour conseiller et donner mon avis sur cette question. Pour moi, les femmes d'Afrique sont courageuses, symboles de l'ouverture et donc une grande chance pour leurs sociétés.

Elles sont un pilier en Afrique ou ailleurs, pour la paix et la prévention des conflits armés, elles jouent un rôle considérable dans le développement économique elles constituent donc des atouts pour la démocratie. Cependant, nous constatons qu’il faut malheureusement lutter pour que soit pris en compte leurs avis, et leurs paroles et l'égalité réelle des chances reste, encore trop souvent, un vain mot. Des instruments institutionnels existent aujourd'hui: je conseillerai aux femmes d’Afrique de s’en saisir/se les approprier, qu'elles continuent le combat et la révolution : on le voit avec les événements récents en Tunisie ou en Egypte, les combats pacifiques et justes finissent toujours par payer ....

Nenehawa vous remercie pour votre disponibilté.

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